Progressiste et ouverte à tout

Salut c'est Sheila from New York, OMFG* (*oh my fucking god) Big Apple, diplômée de Columbia et pas venue ici pour se laisser faire par tous ces réactionnaires du Midwest. Ici, c'est non seulement le front de résistance américain à la tendance régressive de quelques millions d'allumés chevauchant des tracteurs à l'intérieur du pays, c'est aussi le phare de la civilisation. Là où tout se passe. En comparaison au reste de la planète, c'est un peu le futur ici.

Aujourd'hui je me charge de représenter un combat social, dont Obama est l'étendard, le mariage gay une de nos batailles historiques (et déjà rétrograde), et la bisexualité la nouvelle norme du progrès. That's it, tout est contenu dans ce mot: nous sommes des progressistes.

Parmi les choses qui me mettent d'humeur irascible en autant de temps qu'il faut à une Ferrari pour passer de 0 à 100km/h, il y a les gens qui ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes. Il est désormais parfaitement reconnu, et (parfois secrètement) évident pour tout un chacun, que nous sommes tous  plus ou moins attirés pas des gens des deux sexes au cours de notre vie. Que ce soit du 90% hétéro- et 10% homosexuel, 70%-30%, 50%-50%, tendances inversées etc. Et en toute sincérité il m'a toujours semblé très naturel d'assumer et d'épancher ses besoins et sa soif de diversité. A quoi bon jouer à des jeux sexuels, faire marcher son imagination à outrance et créer des situations bancales et embarrassantes, là où l'on peut se contenter d'orgies sexuelles libérées et libres comme tout citoyen de ce pays ? Le progrès est une chose bien difficile à faire accepter et encore plus à faire entrer dans les mœurs.

Il est néanmoins crucial de comprendre que nous agissons avant tout au feeling et que par conséquent nous nous devons de nous battre pour ces feelings. Un exemple est de mise afin d'illustrer notre honnêteté, notre ouverture, notre sincérité… notre naturel. 

Le weekend dernier, alors que nous commencions à nous échauffer pour une session de sport intramuros avec un de mes fuck buddy (je préfère fuck friend), j'ai remarqué que mon chien nous regardait avec curiosité. Ni une ni deux, j'ai ressenti le vif besoin de me faire enculer par sa bite poilue de lévrier et de le faire entrer dans le jeu, puisque manifestement cela l'intéressait. J'en ai alors aussitôt parlé à mon ami qui a trouvé l'idée brillante et s'est mis à trépigner de joie de tous ses membres. Mon autre chien, une femelle Shar-Pei, fut réveillée par tous ces gloussements et dès qu'elle pointa le bout de son museau dans la chambre, mon fuck friend préféré n'en pouvant plus lui sauta dessus pour lui procurer un cunnilingus digne de ce nom pendant que je me chargeais d'exciter l'autre bête. Malheureusement Teddy – c'est le nom de ce magnifique canin – paraissait un tant soit peu intimidé par toute cette agitation insolite, aussi entrepris-je à mon tour de le masturber tout en tentant un anulingus pour lui faire voir la couleur de ce qui allait se passer. A ce moment-là Teddy poussa un grognement et montra les dents. J'ai dû arrêter, je me suis relevée d'un coup et j'ai gueulé: « Teddy ! Commences pas à faire ton putain de conservateur républicain, je te préviens. Si t'es pas content t'as qu'à appeler ce petit coincé du cul de Bush pour qu'il vienne t'enlever et t'élever dans un ranch au milieu de ses putains de vaches traditionalistes ». Teddy baissa la tête, tout intimidé, et me lécha la main.

« Ah j'aime mieux ça. Allez laisses-toi faire on va y aller doucement ».
Le reste de cette session se passa smoothly avec tout le monde. Nous en avons tous appris beaucoup sur nous-mêmes et sur l'ouverture de soi. Je sais désormais quel sera le prochain combat à mener : bestiality, les relations inter-espèces.

« Pourquoi me mêler de la vie des autres ? », me demanderez-vous alors. Pourquoi ne pas simplement faire mes trucs dégoûtants dans mon coin, parce qu'après tout je suis libre de faire ce que je veux quand je le veux ? Pourquoi harceler et moraliser les gens ? Réponse : parce que je suis bonne, dans les deux sens du terme. Mon bonheur serait d'être comprise par les gens, et qu'ils réussissent à voir la portée sociale de l'action que nous menons. La récompense est plus qu'évidente : le bien-être pour tous. Certains parlent d'inflation progressiste, et nous accusent de cavaler  toujours plus loin aveuglément pour en tirer une sorte de fierté sociale mal placée. Peut-être bien que nous sommes d'éternels insatisfaits. Moi, je dis que nos buts sont similaires à ceux de la science pure (et anti-Bush): aller toujours plus loin pour faire progresser l'humanité.

« Alors quel sera la prochaine étape ? », me demande-t-on parfois, « Rentrer sa bite dans le sol pour baiser la planète ? ». Et c'est là que je réponds « Pourquoi pas ? », si tu ressens le besoin de communier avec la nature, d'exprimer un fougueux désir de reproduire l'acte de la création pure, vas-y, lances-toi ! Répands ton flux vital sur la surface de la Terre ! « Fais jouir la planète au rythme du coup de fouet de tes couilles contre sa croupe » *(*référence à une réplique culte que vous trouverez en suivant ce lien).

 

Restez ouverts.

Sheila DelaSoul



30-03-2010 | 155 vues

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